Slowlife

Résolutions 2018. Can women have it all?

Les résolutions de début d’année je n’ai jamais compris pourquoi c’est si populaire. Comme si entre le 31 décembre et le 1e janvier les compteurs se remettent à zéro et que l’on pouvait devenir une nouvelle personne : “C’est bon, j’arrête de fumer, de boire et je me mets au sport !” Nan vraiment ça me dépasse surtout que l’on sait bien que généralement on ne tient pas ces résolutions, que les salles de sport se font du blé en faisant des promo en janvier et en croisant bien les doigts pour que les nouveaux adhérents ne viennent pas plus de 2-3 fois. En plus je n’ai jamais été d’humeur hyper festive le 31 décembre, cela ne doit pas aider !

 

Mais c’est année c’est un peu différent. J’ai toujours été convaincue que les femmes pouvaient tout avoir. WOMEN CAN HAVE IT ALL. Tout ce que je lisais sur les femmes entrepreneurs, les comptes IG que je « follow », les docus dont je suis avide l’ont fait résonner encore et encore en moi jusqu’à ce que j’en sois fermement convaincue. Que, avec mon âme de féministe grandissante, je me devais de tout avoir : être moi, avoir ma vie propre, la vie de Sophie, créative, curieuse, qui aime recevoir ses amis, découvrir de nouveaux endroits, bouquiner des heures entières, me mettre à la broderie pour ensuite broder une parure de draps, avoir une décoration qui nous ressemble, passer petit à petit à un mode de vie plus proche du minimalisme que de la sur-consommation ambiante, être de plus en respectueux de l’environnement, de consommer localement, de recycler, de consommer le moins possible de produits transformés  ; faire carrière, avec mes créations, mon business créatif, l’association de créateurs que j’ai créé en 2016 ; être la compagne de mon homme depuis bientôt 10 ans, que l’on ait une vie de couple épanouie, que l’on arrive à se prendre une semaine de vacances tous les 2 chaque année, plus quelques week-ends, que l’on dîne régulièrement en tête à tête à la maison. Et enfin être la super maman de mes deux fils, qui ont aujourd’hui 3 et 6 ans, ne leur donner que des plats fait-maison à manger, que l’on fasse des sorties tous les week-end, de leur trouver toujours de nouvelles activités pour qu’ils ne s’ennuient jamais, qu’ils puissent voir le généraliste, l’ORL, l’ostéopathe dès que le besoin se fait sentir, de leur faire de géniales fêtes d’anniversaires à thème avec pleins de copains, la liste peut s’allonger ainsi de façon quasi infinie …

 

un seul constat aujourd’hui, work harder si tu veux un jour pouvoir toucher du doigt cet idéal. Photo by Jordan Whitfield on Unsplash

 

Mais en fait…

Est ce que cette femme peut vraiment exister ?

Est ce que derrière les superbes feed Instagram de ces femmes qui semblent nous donner un modèle de femme incroyable à qui tout réussi, est ce que ces femmes sont réelles ?

 

Finalement la question n’est pas là. La question est de savoir quel est notre but ultime : le bonheur. Est ce que tout le monde est d’accord et lève la main ou est ce que vous préférez l’argent ou la célébrité ?

(Pour voir plus de discussions TED sur le bonheur c’est >>ici<<)

Et est ce que le bonheur réside dans cette course effrénée au score de celle qui en aura fait le plus ? Ce que j’ai compris récemment c’est que pour moi la réponse est non.  Je veux de ces moments avec les gens qui j’aime qui sont si agréables que c’est comme si le temps s’arrêtait ; de manger un sandwich de station service au bord de l’autoroute en famille plutôt que d’avoir passé 2h à préparer un pique-nique où mes salades auraient fait faire la grimace à mes enfants ; de les laisser parfois regarder un dessin animé le dimanche matin pendant que nous nous accordons 1h30 de sommeil supplémentaire ; de rentrer trop tard d’un marché de créateurs parce qu’on a pris de le temps de partager un verre et tant pis si on est claqué le lendemain pour s’occuper des enfants avant l’école ; de ne pas se coucher dès que les enfants dorment et passer du temps avec ma moitié ; de ne pas prendre le métro tout de suite à la fin d’une sortie avec une amie chère, mais de marcher dans Paris la nuit tout en discutant…

souvenir d’un très agréable et rare déjeuner entre amies de longues date chez East Mamma

 

Quel est le point commun de tout cela ? Déjà de se concentrer plus sur les relations humaines et ensuite, de ralentir. Mon entourage, je suis chanceuse d’avoir des gens qui m’apprécient pour qui je suis et réciproquement. On a pas besoin de faire d’effort pour se plaire. Ralentir c’est déjà beaucoup plus difficile. J’avais souvent et encore régulièrement le coeur qui battait très vite et fort tant que je mettais la pression ! Dans un premier temps c’est déjà cette pression que je veux faire baisser, ralentir comme rajouter quelques secondes dans les actes du quotidien pour vraiment les apprécier : oui, bien sûr les câlins aux enfants, le nez plongé dans leur cou ou leur cuir chevelu à sentir la chaleur de leur peau et leur douce odeur corporelle (en plus à cette âge même leurs pieds sentent bon !), mais aussi 2 secondes de plus quand je me lave les mains, sentir l’eau ruisseler sur ma peau, 10 secondes de plus quand j’ouvre les volets, le nez au vent à admirer le soleil qui se lève. Oh la vie est tellement plus belle et douce ainsi ! Et peut-être que j’arriverais à me débarrasser de cette fichue culpabilité de ne pas arriver à tout faire ! Qui s’est bien exacerbée depuis que j’ai eu mes enfants…

Cela implique d’autres choix, moins évidents. Faire le choix de moins de projets mais des projets plus (au choix) : réalistes, qui ont de chance de porter leurs fruits, qui rendent heureux.

 

regarder le temps qui passe. Tiens, j’avais les mêmes lunettes quand j’étais ado ! Photo by Katya Austin on Unsplash

 

Et aujourd’hui même si je pense que les femmes ne peuvent pas tout avoir (Je ne connais pas non plus un homme qui se vante d’avoir tout cela, alors pourquoi tant de pression sur les femmes ? !), on peut avoir le principal. Et peut-être (même surement) que nos enfants ne s’en porteront que mieux ! Je ne voudrais pas leur donner le modèle de vie du “toujours plus”. Je ne pense plus que « women can have it all », mais que les femmes peuvent choisir le meilleur.

C’est donc ça ma résolution pour 2018. Faire les bons choix, ressentir le bonheur et prendre le temps de sentir la vie passer.

Et vous, quelles sont vos résolutions si vous avez pris ?


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